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>> Accueil >> Publications >> La Lettre du Sénologue >> N° 55 - Mars 2012

La Lettre du Sénologue

Mars 2012
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EDITORIAL

Le bonheur est dans la presse !

Crise économique, révolution numérique, contrefaçon du métier de la presse, dérapages des médias grand public sur les sujets de santé, image ternie du monde médical, monopole de l’indexation des revues en langue anglaise... La presse des professionnels de santé n’a pas manqué d’être malmenée ces dernières années au point d’être sérieusement mise à mal, voire d’être menacée... Et paradoxalement, en 2011, comme les années passées*, tous les lecteurs ont souligné d’une voix unanime la valeur de l’écrit scientifique en langue française et sa place dans leur formation continue (84 % des praticiens interrogés reconnaissaient dans la presse médicale un élément essentiel dans leur formation, devant la participation à un congrès [73 %], la lecture de manuels [72 %], l’Internet [66 %] et les séances d’enseignements postuniversitaires [EPU] organisées par les associations professionnelles [51 %]).
C. Damour-Terrasson

DOSSIER THÉMATIQUE : GROSSESSE ET CANCER DU SEIN

Grossesse et cancer du sein

Aborder le thème de ce dossier “Grossesse et cancer du sein”, c’est d’emblée toucher à des points sensibles avec les connotations émotionnelles évidentes que ce sujet suscite. S’y mêlent des notions aussi antinomiques que la jeunesse, la maladie grave, le projet d’enfant. L’association grossesse et cancer du sein fait aussi appel au lien étroit entre le cancer du sein et les hormones, souvent diabolisées. De plus, la grossesse précoce est encensée comme étant quasiment le seul facteur protecteur de la maladie alors qu’une grossesse tardive créerait un surrisque de la voir apparaître. Ainsi, les natalistes se servent du cancer du sein comme d’un levier pour inciter les femmes à devenir mère au plus vite : quelle est la réalité de telles assertions ?
Brigitte Raccah-Tebeka, Christian Jamin, Virginie Fourchotte

Cancer du sein, parité et allaitement

» S’il est admis depuis 1920 que la parité et l’allaitement sont des facteurs protecteurs de cancer du sein, nous ne sommes pas actuellement capables de répondre avec finesse à cette question en termes de nombre d’accouchements et de durée d’allaitement.
» Les études récentes commencent à s’intéresser à la durée et au curseur de la parité en fonction des sous-types histologiques, hormonologiques et génétiques.
» L’Organisation mondiale de la santé recommande une durée d’allaitement de 6 mois pour des raisons pédiatriques et non carcinologiques.
Aude Recoules-Arché, Virginie Fourchotte

Prise en charge du cancer du sein pendant la grossesse

L’association entre le cancer du sein et la grossesse n’est pas exceptionnelle. Elle pose de nombreux problèmes diagnostiques, thérapeutiques et psychologiques. Le diagnostic clinique et radiologique est plus difficile, la microbiopsie est très importante. À stade et à âge égal, le pronostic ne semble pas différent de celui d’une femme non enceinte. La chirurgie est toujours possible, la chimiothérapie peut s’envisager après le premier trimestre, la radiothérapie doit être différée après l’accouchement, le tamoxifène est contre-indiqué. Il n’y a pas de raison de contre-indiquer l’allaitement
C. Cuvier, F. Ledoux, F. Coussy, M. Espié

Grossesse après cancer du sein dans un contexte de mutation des gènes BRCA1 ou BRCA2

» Actuellement, il n’existe pas de contre-indication particulière à un projet de grossesse post-thérapeutique dans un contexte de mutation du gène BRCA1 ou BRCA2. Il est essentiel de réaliser un bilan local et métastatique complet incluant la palpation, l’IRM mammaire, la mammographie et l’échographie mammaire dans les 4 mois précédant le projet de conception.
» L’allaitement est tout à fait envisageable, sans influence sur le pronostic du cancer du sein. Sa durée doit être limitée pour permettre la reprise de la surveillance radiologique.
» Il est souhaitable de réaliser un bilan cardiaque et de surveiller étroitement la grossesse et l’accouchement des femmes traitées par anthracyclines pour un cancer du sein.
Anne de la Rochefordière

Grossesse survenant après un cancer du sein : le point de vue du gynécologue

» Impact des traitements du cancer du sein sur la fertilité.
» Influence de la grossesse sur le pronostic du cancer du sein.
» Conséquences des traitements du cancer du sein sur la grossesse ultérieure.
C. Lefebvre-Lacoeuille*, V. Combaud*, L. Catala, L. Sentilhes, Ph. Gillard, Ph. Descamps

Traitements médicaux du cancer du sein et conséquences sur la fertilité

» L’aménorrhée chimio-induite est le paramètre le plus utilisé pour évaluer le risque d’infertilité après traitement médical d’un cancer du sein.
» L’âge, le type de chimiothérapie et les doses utilisées sont les facteurs déterminants du risque d’aménorrhée chimio-induite.
» Le cyclophosphamide et les anthracyclines sont à haut risque d’aménorrhée ; l’effet des taxanes et des anticorps monoclonaux n’est actuellement pas bien défini.
» Le projet de grossesse doit être discuté dès la prise en charge initiale du cancer du sein, avant le début du traitement, pour mettre en oeuvre, le cas échéant, les démarches utiles à la préservation de la fertilité.
D. Berton-Rigaud, C. Gourmelon, E. Bourbouloux, S. Sadot-Lebouvier

Préservation de la fertilité dans le cadre du cancer du sein

» La question d'une infertilité éventuelle pourrait être systématiquement examinée avant la chomiothérapie chez les patientes ayant un cancer du sein.
» Les techniques de préservation de la fertilité pourrait être discutées chez les patientes jeunes ayant un cancer du sein.
» La cryopréservation des ovocytes et/ou des embryons peut être proposée aux patientes jeunes ayant un cancer du sein en cas de chimiothérapie adjuvante.
C. Decanter, A. Mailliez

Prise en charge de l’infertilité après cancer du sein

» Le bilan d’infertilité doit concerner les 2 membres du couple et comprend une évaluation de la réserve ovarienne, associée au minimum à un spermogramme en première intention, et une hystérographie.
» Toute assistance médicale à la procréation (AMP) après cancer du sein doit être précédée d’un bilan mammaire et d’extension complet, ainsi que d’une discussion en réunion de concertation pluridisciplinaire.
» Avant une décision d’AMP après cancer du sein, les couples doivent systématiquement être informés loyalement sur leurs chances d’aboutir à une grossesse, et sur les incertitudes concernant l’effet d’une stimulation ovarienne sur le risque de récidive.
Christine Rousset-Jablonski, Anne de La Rochefordière, Pascale This

FICHE D'ANATOMOPATHOLOGIE

Proliférations intracanalaires

Ces proliférations vont de l’hyperplasie simple aux carcinomes intracanalaires en passant par une lésion frontière : l’hyperplasie canalaire atypique. Des images très caractéristiques sont présentées. Il faut garder à l’esprit que ce sont les lésions parmi les plus difficiles à classer en pathologie mammaire et que des variations minimes dans l’agencement et l’aspect des cellules peuvent faire changer de catégorie la prolifération.
M.C. Mathieu

CONGRÈS

Que retenir du congrès de San Antonio 2011 ?

Plusieurs questions ont été soulevées au cours du SABCS 2011 : on retiendra les polémiques concernant les reprises de curage en cas de positivité du ganglion sentinelle ainsi que les éventuelles indications de bisphosphonates en adjuvant. Par ailleurs, le double blocage de la voie HER2 par le trastuzumab et le pertuzumab (essai CLEOPATRA) ainsi que la potentialisation de l’hormonothérapie par le blocage de mTOR ont fait partie des sujets qui ont suscité le plus d’intérêt.
Jean-Rémi Garbay, Paul Cottu, Marc Bollet



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